"Entre héritage et défis : Mode, justice, commerce et résilience en Afrique et aux Antilles"
Martinique : Porter notre héritage n'est pas si mal "en soie"
Porter un carré de soie aux motifs vibrants, c’est embrasser avec élégance l’héritage antillais qui infuse la mode d’une histoire riche et colorée. À travers ses créations aussi originales que distinguées, Tara Vigilant, nous invite à rayonner en arborant fièrement ses carrés de soie.
Qui est Tara ?
Tara est une Martiniquaise de 24 ans originaire de la commune de Schœlcher, qui rêve de créer sa propre entreprise de luxe. En juin 2023, elle décide donc de lancer "Maison Twal" afin de valoriser les richesses tropicales de la Martinique. Tiraillée entre son amour pour son île et son envie d'expansion, Tara a dû faire le choix de quitter son île natale pour la France hexagonale afin d’y suivre une formation en stylisme dans l’optique de faire croître son projet.
L'élégance caribéenne en carré de soie
En créant Maison Twal, Tara Vigilant, a souhaité rendre hommage à la beauté de la biodiversité martiniquaise à travers des motifs colorés et tropicaux. Ses carrés de soie, conçus comme de véritables œuvres d'art sont l'expression de sa créativité. Son ambition est de moderniser l'accessoirisation créole, de promouvoir le savoir-faire local, et d'exporter l'élégance caribéenne au-delà des océans.
Sur ses jolis carrés de soie, nous retrouvons des motifs typiquement inspirés du patrimoine naturel et riche de la Martinique, des fruits, des légumes, des fleurs … chaque "twal" met en valeur une facette de l’héritage antillais. Dans sa collection, nous découvrons les carrés de soie "FOUYAPEN", pour le fameux fruit de l'arbre à pain arborant un camaïeu de verts exceptionnels, le carré de soie "PASSYON" inspiré du maracudja décliné dans des couleurs chaleureuses, ou encore le carré de soie BOTANIK inspiré des fleurs tropicales antillaises, apportant une explosion de couleurs à la fois vives et tendres. Ses créations, comme elle le dit, sont une "ode à la diversité tropicale".
Jeune, talentueuse et de surcroit caribéenne
En mettant au goût du jour les carrés de soie, Tara souhaite apporter quelque chose de nouveau et être une source d'inspiration pour d'autres jeunes qui auraient également à cœur de mettre en lumière les richesses et le patrimoine de leur île. Malgré les nombreux défis qu’elle a rencontrés lors de son parcours entrepreneurial, Tara n’a pas abandonné sa vision. Elle continue de nourrir son projet afin de faire briller encore plus les couleurs flamboyantes de la Martinique et plus largement des Antilles.
Antilles : Affaire Chlordécone, l’Etat condamné mais la bataille n’est pas terminée…
L'État condamné, mais la bataille continue pour les victimes
La Cour administrative d'appel de Paris a rendu une décision concernant l'affaire du chlordécone, un pesticide utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et Martinique de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon. L'utilisation de ce pesticide a entraîné une pollution massive des sols et de l'eau, exposant la population à des risques sanitaires importants. Bien que les États-Unis l'aient interdit dès 1975, il est resté autorisé en France jusqu'en 1990, et même jusqu'en 1993 aux Antilles. Le chlordécone a contaminé durablement l'eau et le sol de la Martinique et de la Guadeloupe et est encore aujourd'hui détecté chez une large majorité de la population. Selon une étude réalisée en 2013 et 2014 par l'Anses et Santé publique France, le chlordécone a été détecté chez 90% des individus.
Une réparation mitigée
La cour a ordonné à l'État d'indemniser les victimes de l'empoisonnement au chlordécone, mais cette indemnisation est accordée aux personnes pouvant justifier d'un "préjudice moral d'anxiété". Cela signifie que les victimes doivent démontrer une exposition effective à la pollution par des dosages sanguins et des analyses de sols. La décision de la Cour administrative d'appel représente une avancée en reconnaissant la faute de l'État et le préjudice moral d'anxiété des victimes. Cependant, les critères d’indemnisation sont restrictifs, limitant le nombre de victimes pouvant prétendre à une réparation. Seulement une dizaine de plaignants sur les près de 1 300 ont pu pleinement justifier ce préjudice et pourront être indemnisés.
Un avocat de victimes a qualifié cette décision de "timide" et souhaite porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme pour que toutes les victimes obtiennent réparation. Les associations de victimes continuent de se battre pour une indemnisation plus large et équitable. La reconnaissance de la responsabilité de l'État par les députés est un pas important vers la reconnaissance pleine et entière des préjudices subis par les populations de Guadeloupe et Martinique.
L'affaire du chlordécone est un scandale sanitaire majeur qui continue d'affecter les populations des Antilles. La décision de justice représente une étape importante, mais le combat pour une indemnisation juste et équitable pour toutes les victimes est loin d'être terminé.
L'Ouganda adhère au FEDA pour booster son commerce intra-africain et son industrialisation
L'Ouganda est devenu le 21e État membre du Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA) d'Afreximbank. Cette adhésion, officialisée par une cérémonie de signature à Kampala, le 10 mars 2025, renforce le rôle du FEDA dans la transformation économique de l'Afrique.
Qu'est-ce que le FEDA ?
Le Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA) est la filiale d’investissement à impact d’Afreximbank. Entre autres, les principaux objectifs du Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA) sont les suivants :
Fournir des capitaux propres, des quasi-fonds propres et des capitaux d’emprunt pour financer le déficit de financement du secteur du commerce en Afrique.
Mettre en œuvre des investissements en actions à travers l’Afrique.
Soutenir le commerce intra-africain et le développement des exportations/la fabrication en Afrique, en mettant l’accent sur l’industrialisation et les exportations à valeur ajoutée.
Poursuivre une stratégie d’investissement multisectorielle le long de la chaîne de valeur du commerce intra-africain, du développement des exportations à valeur ajoutée et de la fabrication.
Quel est l'objectif de l'adhésion ougandaise ?
L'objectif principal de l'adhésion de l'Ouganda au Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA) est de renforcer son développement économique et son industrialisation. Cette adhésion vise à consolider le commerce intra-africain et à stimuler les secteurs manufacturier et d'exportation du pays.
Plus précisément, l'adhésion de l'Ouganda au FEDA vise à :
Accélérer la transformation économique de l'Afrique.
Développer les exportations à valeur ajoutée.
Promouvoir l'industrialisation.
Réaffirmer l'attachement à une Afrique prospère par le biais de l'industrialisation et du commerce intra-africain.
Bénéficier des investissements indispensables pour propulser ses secteurs manufacturier et d’exportation.
Obtenir des financements pour ses exportations
Cette adhésion au FEDA s’inscrit dans le cadre d’une expansion plus large de celle-ci, qui vise à fournir des capitaux à long terme aux économies africaines. L’Ouganda, en tant que 21e État membre, témoigne de sa confiance dans la mission du Fonds et de son engagement à accélérer la transformation économique de l’Afrique, le développement des exportations, notamment pour son café, ses fleurs et ses produits miniers. L’adhésion de l’Ouganda devrait renforcer les efforts d’industrialisation du pays et consolider le commerce intra-africain. L’Ouganda peut désormais obtenir des financements pour ses exportations, ce qui devrait stimuler sa croissance, avec une augmentation prévue du PIB de 6,4 % au cours de l’année fiscale 2024/2025 et de 7,0 % au cours de l’année fiscale 2025/2026.
L’adhésion de l’Ouganda au FEDA représente une opportunité significative pour le pays de renforcer son développement économique et d’améliorer ses performances. Le FEDA, avec le soutien d’Afreximbank, jouera un rôle essentiel en fournissant les capitaux nécessaires pour stimuler l’industrialisation et la croissance économique durable en Ouganda et à travers le continent africain. L’adhésion de l’Ouganda marque une nouvelle étape dans les efforts du pays pour attirer les investissements et stimuler la croissance économique dans le paysage commercial africain en pleine évolution.
Burundi : Impact de la guerre en RDC sur l'économie et l'éducation
Le conflit en RDC a lourdement affecté l'économie et le commerce du Burundi
Le conflit en RDC a ralenti l'activité économique au Burundi depuis février dernier. La route nationale numéro 4, qui relie le Burundi à la République démocratique du Congo, est devenue risquée, ce qui affecte le commerce et le transport. Les familles voient leurs affaires se détériorer. Le volume d'échanges commerciaux entre le Burundi et l'est de la RDC était important, faisant de la nationale 4 l'une des voies les plus rentables du Burundi, mais la guerre au Congo a changé cela. Les chauffeurs ne peuvent plus faire autant de voyages qu'avant. L'Office burundais des recettes estime à plus de 89% les exportations du Burundi vers les pays d'Afrique centrale destinées à la RDC au quatrième trimestre de 2023. La crise économique s'aggrave. La dépendance économique du Burundi envers la RDC rend le pays particulièrement vulnérable aux instabilités dans la région. Une résolution du conflit en RDC est cruciale pour la reprise économique du Burundi.
L'éducation perturbée par l'afflux de réfugiés congolais
La guerre en RDC a eu un impact direct sur l'éducation au Burundi. L'afflux soudain de réfugiés a mis à rude épreuve les ressources locales, y compris les infrastructures éducatives. La conversion temporaire des écoles en refuges, bien que nécessaires, a eu un impact négatif sur l'éducation des enfants burundais. La reprise rapide des cours indique un effort pour rétablir la normalité, mais la situation reste précaire et nécessite probablement une aide humanitaire continue pour soutenir à la fois les réfugiés et les communautés d'accueil. Environ, 63 000 réfugiés congolais sont arrivés en moins d'un mois au Burundi.
En conclusion, le conflit en RDC a un impact profond sur le Burundi, entraînant des difficultés économiques et humanitaires. La perturbation du commerce, la crise des réfugiés et la pression sur les ressources locales représentent des défis importants pour le pays. La dépendance du Burundi à la RDC pour ses exportations rend la situation d'autant plus précaire.